Un des plus grands licenciements de masse de l'histoire de la Russie va s'est produit le 1er juillet, et c'est le Kremlin lui-même qui l'a ordonné. Le gouvernement a fermé tous les casinos légaux et les salles de machines à sous, sous couvert d'un plan de lutte contre le vice proposé par le Premier Ministre Vladimir POUTINE. Il y a quelques mois encore, ce plan était qualifié de « tiré par les cheveux », néanmoins, des centaines de milliers de personnes seront mises à la porte.

Et poursuivant dans cette voie, qui a des accents de plus en plus grotesques, le Kremlin a proposé à l'industrie du jeu une seule solution pour survivre : se délocaliser vers quatre régions situées aux confins de la Russie, à plus de 6500km de la capitale.

Les futurs slogans - Bienvenue au Las Vegas Sibérien!, Eclatez-vous près de la frontière Nord-Coréenne !- ne sont pas très attrayants, mais cela fait partie des plans du gouvernement. Mais les régions concernées ne sont pas prêtes pour de telles délocalisations, et aucun casino ne peut espérer ré-ouvrir avant plusieurs années.

M. POUTINE a soutenu la loi qui a initié ce processus en 2006, pendant qu'il était président ; il a basé ses arguments sur les dangers des tables de Blackjack et des bandits manchots, mais aussi sur le fait  qu'il puisse y avoir des personnages louches à la tête de ces industries.

Les industries du jeu ont réclamé sans relâche un sursis, proposant même la création d'une autorité de régulation pour réduire les abus, et en insistant sur le fait qu'en temps de crise, cette interdiction créera de nouvelles épreuves pour ses employés. L'industrie du jeu a également révélé qu'elle payait plus de 1.25 milliards de dollars de taxes par an.

Mais M. POUTINE et son protégé, le Président Dimitri MEDVEDEV, n'ont pas cédé. « Il n'est pas envisageable que ces décisions soient réexaminées » a annoncé M. MEDVEDEV le mois dernier.

Comme dans la plupart des pays, l'industrie du jeu ici n'a pas la meilleure des réputations, et la plupart des Russes ne sera pas peinée de l'évolution de cette situation. Néanmoins, la majeure partie des quarante casinos de Moscou a cherché à donner une meilleure image, bien qu'au même moment des centaines de salles de jeux dotées de machines à sous véhiculaient toujours un sentiment de "à vos risques et périls" miteux.